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mardi, 09 février 2016

Virus Zika (09 02 2016)

Nous proposons cette fiche d’information publiée le 28 décembre 2016 et mise à jour le 4 février 2016 sur le site de l’Institut de Prévention et d’Education pour la Santé (cliquer ici pour accéder au site de l’INPES)

http://www.inpes.sante.fr/10000/themes/maladies-moustique...

Questions/Réponses sur l’épidémie de virus Zika

Situation actuelle dans les Antilles-Guyane

Suivi de l’évolution des cas de Zika sur le site de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS)

Au 20 décembre 2015, les premiers cas autochtones d’infection par le virus Zika ont été confirmés en Guyane et Martinique. Le document Infection à virus Zika de la collection « Repères pour votre pratique », destinée aux professionnels de santé, synthétise l’état des connaissances au 28 décembre 2015 sur l’infection. Il est amené à évoluer dès la parution de l’avis du Haut Conseil de la santé publique sur le sujet.

Pour en savoir plus :

Qu’appelle-t-on le Zika ?

Le Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Le virus Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune. La transmission du virus se fait par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

 

Comment se transmet la maladie ?

 


 

La transmission du virus est réalisée par des moustiques appartenant à la famille des Culicidaeet au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. Une personne infectée est "contaminante pour les moustiques" au moment où le virus est présent dans son sang, c'est-à-dire pendant la phase de développement de l’infection dans le corps, soit 3 à 10 jours après la piqûre infectante. Pendant cette période, il faut éviter qu’une personne infectée se fasse piquer et qu’elle transmette ainsi le virus à d’autres moustiques (du genre Aedes) afin de rompre le cycle de transmission virale.

 

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux, voire prurit) avec ou sans fièvre même modérée. Les autres signes décrits au cours de cette infection sont : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la même zone géographique d’autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya. De plus, il existe des formes de la maladie sans symptômes apparents (entre 70 et 80 % de formes asymptomatiques).

 

Quelles peuvent être les complications ?

Alors que ce virus paraissait relativement anodin, des complications neurologiques en lien avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil et en Polynésie française. Par ailleurs, des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveau-nés de mères enceintes pendant la période épidémique ; des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications.

 

Existe-il des examens de diagnostic biologique du Zika ?

Il s’agit dans un premier temps de réaliser sans délai après le début des symptômes des prélèvements sanguins et d’urine afin d’effectuer la recherche du génome du virus (examen direct par RT-PCR - technique qui permet de faire une réaction en chaîne par polymérase à partir d'un échantillon d'ARN- du sang et des urines).

En présence de signes cliniques évocateurs et d’un résultat négatif par RT-PCR, le diagnostic peut être confirmé par le Centre national de référence des arboviroses de Marseille (par sérologie). Ce laboratoire est le seul capable de réaliser par sérologie la détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM–immunoglobuline M- et IgG-immunoglobuline G-anti-Zika).

 

Existe-t-il un traitement spécifique du Zika ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement. Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu des complications chez l’enfant à naître.

 

Existe-t-il un vaccin contre le virus ?

Actuellement, aucun vaccin n’existe contre la maladie Zika.

 

Quelles sont les recommandations pour les femmes enceintes résidant ou désirant se rendre dans une zone touchée par une épidémie de Zika ?

Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse.

Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédents de piqûre de moustiques ou de symptômes de l’infection à Zikavirus, d’avoir un suivi médical de grossesse adapté. Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) produira très prochainement un avis sur la conduite à tenir dans le cadre de ce suivi.

Pour les voyageuses, il est recommandé aux femmes enceintes qui se rendraient dans des régions touchées par le Zika, de consulter, préalablement à leur déplacement, leur médecin traitant. Cette consultation permettra de juger de l’opportunité du voyage en fonction de l’état de santé des individus, des risques encourus et des moyens de prévention individuelle.

Pour cela, outre les moyens de protection physique (port de vêtements longs couvrant les bras et les jambes jusqu’aux chevilles, si possible imprégnés de répulsif, moustiquaires imprégnées de répulsifs dans l’habitat, etc.), il leur est fortement recommandé d’utiliser y compris dans la journée un produit répulsif adapté en respectant les précautions. La liste des produits adaptés dans ce contexte est disponible sur le site du ministère de la santé.

S’agissant de voyages avec des nourrissons, les moyens de protection contre les piqûres de moustiques sont limités (impossibilité d’utiliser des répulsifs corporels avant l’âge de deux mois, seule la moustiquaire imprégnée de répulsif et le port de vêtements amples couvrant les membres peuvent les protéger). Les berceaux et les poussettes doivent aussi être protégés par des moustiquaires imprégnées. Il appartient donc aux familles, en lien avec le médecin traitant, de déterminer l’intérêt d’un séjour touristique avec leur nourrisson.

 

Comment se protéger contre le Zika ?

La prévention individuelle repose sur la protection contre les piqûres de moustique en utilisant différents moyens physiques et chimiques :

Il est recommandé :

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d’intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et longs couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
  • d’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
  • d’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d’un pharmacien),
  • d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des "bandeaux collants" imprégnés d’insecticide fixés au plafond des pièces de l’habitat.

 

Que faire en cas de maladie pour les résidants et les voyageurs rentrant des zones épidémiques ?

Pour toute apparition de signes cliniques évocateurs (éruption cutanée, avec ou sans fièvre même modérée et au moins deux signes parmi les suivants : douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires, arthralgies, myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai pour préciser le diagnostic et bénéficier d’une prescription de médicaments adaptés. Pour les voyageurs, l’apparition de ces symptômes peut intervenir jusqu’à 12 jours après le départ d’une zone où circule le Zika et nécessite le cas échéant de consulter un médecin en lui précisant la destination et les dates du séjour. Rappelons qu’il est impératif de se protéger contre les piqûres de moustique pendant le séjour dans une zone épidémique.

 

Quelles sont les mesures prises pour limiter la transmission du Zika ?

Outre les mesures de protection individuelle, la lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c’est à dire par la réduction de toutes les sources potentielles de gîtes larvaires constituées par les eaux stagnantes et tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagés, gouttières de toit mal entretenues, etc.) et par l’application de traitements larvicides lorsque la suppression de ces gîtes n’est pas possible.

Par ailleurs, cette lutte est également axée contre le moustique adulte au moyen de pulvérisation de biocides en zone infectée. La prévention dans l’habitat local repose sur l’utilisation d’insecticides autour des ouvertures des portes et des fenêtres, ainsi que l’usage de moustiquaires.

 

Comment réduire la présence des moustiques à l’intérieur et autour de l’habitation ?

Pour réduire la présence de moustiques à l’intérieur et autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est-à-dire les lieux de ponte du moustique. Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases doit être renouvelée au moins une fois par semaine.

 

Existe-t-il une transmission du virus d’homme à homme ?

La transmission s’effectue par le biais d’un moustique qui pique une personne atteinte de la maladie Zika. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant. Ce moustique peut alors transmettre le virus à une autre personne saine en la piquant. Il faut trois à douze jours pour que les symptômes de l’infection à Zikavirus apparaissent chez la personne contaminée par le moustique. Pendant au moins une semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un autre moustique sain si elle se fait piquer.

Les personnes atteintes du Zika ne sont pas contagieuses.

 

Dois-je me protéger aussi contre la piqûre des moustiques lorsque je suis atteint du Zika ?

Oui, il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsque l’on présente les symptômes du Zika. En effet, pendant les sept premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant cette période, c’est éviter de transmettre l’infection à son entourage.

 

Quelles sont les mesures et études envisagées par les autorités sanitaires ?

Elles sont multiples :

  • Surveillance sanitaire renforcée pour repérer tout cas suspect
  • Intervention autour des cas pour éviter l'apparition de foyer épidémique
  • Poursuite de l'information des professionnels de santé
  • Mesures dans les transports aériens (information des passagers, désinsectisation)
  • Communication en direction du grand public, et en particulier des femmes enceintes : rappel des mesures de prévention et de protection individuelle et collective

Depuis le mois de mai, les médecins généralistes des départements français d’Amérique ont été sensibilisés au risque d'émergence du Zika et ont été invités à signaler à l'Agence régional de la santé les cas pouvant être considérés comme suspects. Les équipes de lutte anti-vectorielle interviennent autour du cas, éliminent les gîtes et sensibilisent les familles des patients à la prévention.

 

Le virus Zika peut-il arriver en France métropolitaine ?

Des moustiques du genre Aedes (Aedes albopictus) sont présents en France métropolitaine et peuvent théoriquement transmettre le virus Zika si des patients virémiques arrivent dans les zones infestées durant la période d’activité des moustiques (de mai à novembre).

En dehors de la période d’activité du moustique (de mai à novembre), le risque de transmission est quasi nul.

Au cours de cette période, la surveillance renforcée des arboviroses transmises par Aedes albopictus (dengue, chikungunya et Zika) est mise en place chaque année, dans les départements métropolitains où ce vecteur est implanté (sud de la France métropolitaine)

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