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mardi, 31 décembre 2013

Economie France (conjoncture déc 2013) : reprise poussive (2/2)

 

Nous vous proposons sur 2 jours la note d’analyse détaillée publiée le 19 décembre 2013 sur le site de l’INSEE (cliquer ici pour accéder au site de l’INSEE)

http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=3&page=vueensemble.htm

Résumé

Vue d’Ensemble (1 et 2)

Vue d’ensemble (2)

L’activité passée jugée mieux orientée que les perspectives

Plus précisément, dans l’industrie manufacturière, les réponses sur les perspectives d’activité s’améliorent nettement en octobre et novembre, annonçant un rebond de la production au 4e trimestre 2013. Ce diagnostic est confirmé par la progression en octobre de l’indice de la production manufacturière qui affiche un acquis de +0,4 % pour le 4e trimestre 2013. À l’inverse, les chefs d’entreprise indiquent un fléchissement de leurs perspectives personnelles de production et leur opinion sur le niveau des carnets de commandes demeure défavorable.

L’économie française rebondirait au 4e trimestre 2013 et ralentirait au 1er semestre 2014


 

La production manufacturière rebondirait donc au 4e trimestre 2013 (+0,8 % après -1,0 %), avant de ralentir au 1er semestre 2014 (+0,2 % par trimestre). L’activité dans les services marchands resterait relativement dynamique (+0,5 % puis +0,3 % et +0,4 %), selon les chefs d’entreprises de services interrogés en novembre. La production énergétique reculerait légèrement au 4e trimestre 2013 (-0,3 %), les dépenses de chauffage des ménages ayant diminué en octobre du fait des températures élevées. Elle rebondirait par contrecoup au premier trimestre 2014 (+1,0 %), avant de retrouver une évolution moyenne au 2e trimestre (+0,7 %), sous l’hypothèse de températures conformes aux normales saisonnières. Enfin, l’activité dans la construction se stabiliserait au 4e trimestre 2013 (0,0 %). Les mises en chantier ont en effet fortement rebondi en début d’année, et certaines dépenses d’entretien du logement seraient anticipées en amont de la hausse de TVA au 1er janvier 2014. La tendance des autorisations de constructions baisse toutefois depuis début 2013 et le nombre de mises en chantier a rechuté au 3e trimestre, ce qui laisse anticiper une baisse de la production au 1er semestre 2014 (-0,3 % puis -0,5 %). Au total, l’économie française rebondirait au 4e trimestre (+0,4 %), avant de ralentir au 1er semestre (+0,2 % par trimestre).

Le PIB afficherait un acquis de croissance de +0,7 % mi-2014

Mi-2014, le PIB afficherait un acquis de croissance de +0,7 %, après une croissance annuelle de +0,2 % en 2013 et 0,0 % en 2012. L’accélération de l’activité attendue en 2014 serait notamment portée par l’industrie manufacturière (acquis de +1,0 % mi-2014 après +0,5 % en 2013 et -2,8 % en 2012).

L’emploi marchand se stabiliserait d’ici mi-2014

Du fait de la faiblesse passée de l’activité, l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles a de nouveau reculé au 3e trimestre (-16 000). Sous l’effet du retour de la croissance et du crédit d’impôt compétitivité emploi, la baisse de l’emploi marchand s’atténuerait progressivement d’ici mi-2014 (-7 000 au 4e trimestre 2013 puis -4 000 au 1er semestre 2014).

L’emploi total progresserait d’ici mi-2014 du fait des emplois aidés

Après +80 000 postes en 2013, l’emploi non marchand continuerait de progresser au 1er semestre 2014 (+33 000 emplois), porté essentiellement par les contrats aidés. En effet, malgré une baisse du nombre des nouveaux contrats inscrits dans le projet de loi de finances pour 2014, l’augmentation de la durée moyenne des contrats uniques d’insertion permettrait une nouvelle hausse des bénéficiaires sur le 1er semestre 2014 (+40 000, après +116 000 en 2013). L’emploi total progresserait ainsi au 4e trimestre 2013 (+52 000), et de nouveau au 1er semestre 2014 (+36 000).

Le chômage serait quasi stable d’ici mi-2014

Le taux de chômage s’est établi à 10,9 % de la population active en moyenne au 3e trimestre 2013 (10,5 % en France métropolitaine), en hausse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent (revu à la baisse). D’ici mi-2014, le taux de chômage augmenterait de 0,1 point, à 11,0 %. À l’horizon de la prévision, les créations nettes d’emplois ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la hausse de la population active (+113 000).

L’inflation serait en hausse d’ici mi-2014

L’inflation d’ensemble augmenterait progressivement d’ici mi-2014 sous l’effet de plusieurs facteurs ponctuels. Le glissement annuel des prix à la consommation s’établirait ainsi à +1,1 % en juin 2014, après +0,7 % en novembre 2013. La hausse des taux de TVA au 1er janvier 2014, nette de l’effet du CICE, contribuerait pour 0,2 point à cette accélération des prix. Le redressement des prix des télécommunications, qui ont baissé de manière exceptionnellement forte depuis 2012, y contribuerait pour 0,1 point. Par ailleurs, le glissement annuel des prix de l’énergie augmenterait par effet de base et contribuerait pour 0,2 point.

Les salaires réels ralentiraient début 2014

Le salaire moyen par tête a ralenti au 3e trimestre (+0,4 %), après la forte progression du trimestre précédent (+0,7 %). En moyenne en 2013, les salaires réels progresseraient nettement (+1,1 %), du fait de la baisse non anticipée de l’inflation. D’ici mi-2014, sous l’hypothèse d’une revalorisation du Smic sans « coup de pouce » (+1,1 %), ces gains de salaires réels disparaîtraient avec la hausse de l’inflation.

Le pouvoir d’achat progresserait faiblement

En 2013, malgré le ralentissement des revenus d’activité (+1,5 % après +1,9 % en 2012), le pouvoir d’achat des ménages se sera redressé (+0,5 % après -0,9 % en 2012), principalement grâce à la moindre inflation (+0,6 % après +1,9 % en 2012). Par ailleurs, les prélèvements sociaux et fiscaux auront été moins dynamiques (+4,5 % après +7,4 % en 2012), notamment parce que le ralentissement des revenus enregistré en 2012 se traduit dans l’impôt sur le revenu acquitté en 2013. D’ici mi-2014, le profil d’évolution du pouvoir d’achat serait heurté, principalement du fait du calendrier de perception des impôts. Il baisserait ainsi au 2e semestre 2013, puis se redresserait au 1er semestre 2014. En effet, début 2014, les revenus d’activité progresseraient sur un rythme stabilisé, mais les impôts, après les hausses fin 2013 engendrées par la régularisation de l’impôt sur le revenu, se replieraient par contrecoup en tout début d’année. Mi-2014, le pouvoir d’achat serait 0,5 % plus élevé qu’un an auparavant.

La consommation serait dynamique fin 2013...

Au 4e trimestre 2013, la consommation de produits manufacturés resterait temporairement dynamique, soutenue par plusieurs facteurs ponctuels (déblocage de l’épargne salariale, achats anticipés d’automobiles en amont du durcissement du malus écologique au 1er janvier 2014). La consommation de services accélérerait également, si bien que la consommation totale augmenterait de 0,3 %.

... mais ralentirait au 1er semestre 2014

Au 1er semestre 2014, la consommation des ménages serait davantage en ligne avec la tendance du pouvoir d’achat et s’infléchirait à nouveau (+0,1 % par trimestre).

Rechute dans la construction

L’investissement des ménages se stabiliserait au 4e trimestre 2013, après sept trimestres de baisse. Puis, au 1er semestre 2014, son recul s’accentuerait à nouveau (-0,3 % et -0,6 %), du fait de la rechute des mises en chantier mi-2013. Sur l’ensemble de l’année 2013, l’investissement des ménages baisserait nettement (-3,7 %) et son acquis de croissance s’établirait à -1,4 % mi-2014.

Contrecoup de l’investissement des entreprises en services

Sur les trois trimestres de prévision, l’investissement des entreprises hors construction progresserait désormais, mais à un rythme modéré. L’activité ne se redresserait que faiblement et le taux de marge des entreprises resterait proche de son point bas. Le CICE représenterait l’équivalent d’une hausse de 1,1 point du taux de marge.

Du fait du contrecoup anticipé sur les dépenses en services après la chute inhabituelle du 3e trimestre (-2,8 %), l’investissement des entreprises serait plus dynamique au 4e trimestre 2013. Par ailleurs, les dépenses de construction des entreprises reculeraient de nouveau d'ici mi-2014.

Au total, l’investissement des entreprises afficherait un acquis de croissance de +0,7 % fin juin 2014.

Dynamisme des exportations françaises...

Dans notre scénario, les exportations françaises progresseraient modérément début 2014_+0,7 % par trimestre. Elles pourraient être plus dynamiques, notamment si le retour de la confiance se confirmait dans la zone euro et se traduisait par un dégel plus fort de la consommation des ménages.

... comportement d’investissement des entreprises françaises...

Dans notre scénario, l’investissement des entreprises croîtrait modérément en France. En particulier, sa résistance relative ces dernières années ne laisse pas attendre un phénomène de rattrapage particulièrement marqué. Le redémarrage de l’investissement des entreprises pourrait ainsi être encore plus poussif, compte tenu de la modestie des anticipations de croissance.

... et prix du pétrole

Notre scénario est construit sous l’hypothèse d’une stabilité du prix du pétrole d’ici mi-2014, autour de 110$. Toute baisse supplémentaire de la production de l’Opep, alors que ses capacités additionnelles ont été récemment réduites par l’instabilité politique en Irak et en Libye, pourrait tendre à nouveau le marché. À l’inverse, plusieurs économies émergentes, grandes consommatrices de produits pétroliers, montrent des signes de fragilité qui, s’ils se confirmaient par une baisse de l’activité, pourraient limiter leur demande de pétrole.

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