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jeudi, 29 août 2013

Air intérieur : particules (3/5) (29 08 2013)


 

Le terme générique de «particules » désigne un mélange de composés solides et/ou liquides en suspension dans l’air. Considérées de façon globale avec le gaz les entourant, les particules dans l’air constituent l’aérosol. Ces particules ne constituent pas une entité chimique bien définie mais un mélange hétérogène dont chaque élément est caractérisé par un état (liquide ou solide), une granulométrie, une composition chimique et isotopique, mais également une morphologie, un état de surface ou une solubilité.

Les particules sont le plus souvent classées en différentes catégories selon leur diamètre aérodynamique moyen (on parle de taille dans un langage plus commun). Ce paramètre est un élément important pour caractériser leur pouvoir de pénétration dans l’appareil pulmonaire et en conséquence leur impact potentiel sur la santé. Ainsi, en termes de surveillance de la qualité l'air ambiant, la communauté scientifique a-t-elle adopté l’échantillonnage en différentes fractions de taille de particules. On distingue, par convention, les fractions PM10, PM2,5 et PM1  (1). Certaines études concernent aussi les particules ultrafines (PUF) définies comme les particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à 0,1 μm.

Dans le cadre du présent rapport, les biocontaminants aéroportés ne sont pas considérés. De même, les nanoparticules issues des nanotechnologies relevant d’un champ spécifique de recherche et d’expertise sont également exclues de ces travaux.

Dans les lieux clos, la présence de particules résulte à la fois des sources intérieures et du transfert de la pollution atmosphérique extérieure.

Dès lors que des sources intérieures sont activées, ces dernières contribuent de façon prépondérante aux concentrations dans les espaces clos. Les sources les plus couramment citées sont la fumée de cigarette, la cuisson des aliments, le chauffage au fioul, les cheminées, les bougies, l’encens, l’utilisation d’aspirateur, les bombes aérosols.

En revanche, en l’absence de sources intérieures, la contribution des sources extérieures permet d’expliquer une large part des concentrations mesurées dans les espaces clos. En France, quatre principaux secteurs se partagent les émissions globales de particules dans l’air extérieur : l’industrie manufacturière, le secteur résidentiel et tertiaire, les activités agricoles et le transport routier.

S’agissant des niveaux d’exposition des populations, les données de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) montrent que, dans les logements, les médianes des concentrations en PM10 et PM2,5 sont respectivement de 31,3 µg/m3 et 19,1 µg/m3. Les valeurs maximales mesurées pour les PM10 et les PM2,5 dépassent dans les deux cas 500 µg/m3 (respectivement 522,6 µg/m3 et 567,7 µg/m3). Dans cette campagne nationale menée de 2003 à 2005, 75 % des logements français présentent des concentrations en PM2,5 supérieures à 14 µg/m3.

L’éventail des effets sur la santé des particules inhalées est large ; les systèmes respiratoires et cardiovasculaires sont principalement affectés, tant à court terme qu’après des expositions de longue durée.

L’OMS s’interroge sur l’indicateur de la pollution particulaire le plus pertinent, la grande majorité des études épidémiologiques étant basée sur des mesures en PM10. Au bilan, en l’état actuel des connaissances, l’OMS estime que PM10 et PM2,5 sont tous deux les traceurs à considérer et que pour chacun d’eux, des valeurs guides protégeant des effets à court terme d’une part, et des effets à long terme d’autre part, sont utiles.

 

(1)TSP : Particules Totales en Suspension ; PMx : Particulate Mater : Particules de diamètre aérodynamique médian inférieur à x μm.

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