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vendredi, 26 juillet 2013

Consommation : comportements 2011 (2/2) (26 07 2013)


Contrairement au logement, le poids des dépenses de loisirs et culture croît avec le niveau de vie. En moyenne, pour l’ensemble des ménages, ce poids a légèrement diminué entre 2005 et 2011 (0,7 point). À la différence de la forte réduction de la consommation de loisirs par ménage observée en 2012, ce recul ne doit pas être interprété comme une restriction de consommation que s’imposeraient les ménages. La part d’entre eux qui déclarent souhaiter lui consacrer un supplément de revenu n’a d’ailleurs pas varié depuis 2005 (encadré 2). Le recul du poids des loisirs tient en réalité à la baisse continue, depuis de nombreuses années, des prix des matériels audiovisuels, photographiques et informatiques, qui représentent un cinquième de la dépense dans le poste. Cette baisse explique à elle seule celle du coefficient budgétaire du poste (encadré 3). Chez les ménages les plus aisés, la baisse des prix a plus que compensé la croissance du volume de produits consommés. Chez les plus modestes, en revanche, l’engouement pour ces matériels a été suffisamment fort pour aboutir à une hausse du poids du poste. Aussi, les disparités de consommation de loisirs entre ménages de niveaux de vie différents se sont légèrement réduites.

Le poids de l’alimentation ne se réduit plus

L’alimentation est une consommation nécessaire, dont le poids budgétaire décroît au fur et à mesure que l’on monte dans l’échelle des niveaux de vie : quand celui-ci augmente, les ménages choisissent habituellement de consacrer ce supplément de ressources aux autres postes de consommation. Sous l’effet de l’amélioration continue du pouvoir d’achat des ménages, au-delà des fluctuations conjoncturelles, le poids de l’alimentation a ainsi reculé au cours des dernières décennies. Mais depuis 2007, ce mouvement s'est interrompu.

Cette rupture est particulièrement nette pour les ménages les plus modestes. Auparavant, le poids de l’alimentation dans leur budget tendait tout à la fois à décliner et à se rapprocher de celui des plus aisés. Entre 1979 et 2005, le poids de l’alimentation a baissé de 9 points chez les 20 % de ménages les plus modestes, alors qu’il n’a pas changé chez les 20 % de ménages au niveau de vie le plus élevé. Depuis 2005, ce rattrapage s’est atténué.

Le phénomène doit être rapproché du recul, depuis 2008, du niveau de vie de la moitié la moins aisée de la population. Ce recul est d’autant plus marqué que l’on se situe plus bas sur l’échelle des niveaux de vie. Les plus modestes n’ont non seulement plus de gains de pouvoir d’achat à dépenser sur les postes qu’ils jugent les moins nécessaires, mais une partie d’entre eux semble également se contraindre sur les dépenses d’alimentation : en 2011, 16 % des ménages du premier quintile de niveau de vie ont déclaré qu’ils consacreraient un éventuel surcroît de revenu en priorité à ces dépenses (encadré 2), contre 11 % six ans auparavant. En 2005, ce poste, par ailleurs peu cité par les autres ménages, venait en cinquième position chez les plus modestes, derrière le loisir, l’épargne, ou l’équipement du logement, plus souvent cités. En 2011, il reste pour la moyenne des ménages le moins cité, mais il devient prioritaire pour 16 % des ménages du premier quintile de niveau de vie, au second rang derrière l’épargne.

L’arrêt de la baisse du poids de l’alimentation dans la consommation des ménages peut sans doute refléter d’autres phénomènes, comme un changement de comportement des consommateurs, plus sensible à la qualité de l’alimentation. Pour les plus modestes, toutefois, elle semble traduire surtout le renforcement de la contrainte budgétaire dans un contexte de crise économique.

Encadrés

Le concept de consommation dans l’enquête et dans les comptes nationaux

Dans cette étude, on ne retient que les consommations effectivement observées chez les ménages, dans le cadre des enquêtes Budget de famille. La consommation de logement des propriétaires se limite donc à la dépense d’énergie (chauffage, éclairage), aux charges diverses et aux dépenses de petit entretien. On ne distingue pas les accédants des autres propriétaires : leurs remboursements de prêts immobiliers (hors intérêts d’emprunt) sont, comme le définit la comptabilité nationale, de l’épargne et non de la consommation.

Avec ce choix, la notion de consommation de logement est plus proche de l’usage ordinaire du terme. Mais le poids budgétaire de ce poste dépend alors des parts respectives de propriétaires et de locataires. Les évolutions ne sont alors interprétables qu’à condition de distinguer les deux populations.

La notion de consommation dans l’enquête Budget de famille est moins large que la dépense de consommation des ménages retenue dans le cadre de la comptabilité nationale à un double titre. D’une part, la comptabilité nationale rehausse le revenu et la consommation des ménages propriétaires de leur résidence principale d’un « loyer imputé », en considérant que ces ménages consomment, de fait, un service de logement qu’ils se rendent à eux-mêmes.

D’autre part, la comptabilité nationale prend en compte des services d’intermédiation financière indirectement mesurés (SIFIM), que la banque ne prélève sur ses clients qu’indirectement, via une marge de taux d’intérêt sur un crédit ou un dépôt bancaire. Les SIFIM ne sont pas pris en compte dans les enquêtes Budget de famille, mais le coût des services financiers facturés (commissions de transfert, carte de crédit, frais de tenue de compte, etc.) y est inclus.

 « Si vos ressources actuelles augmentaient de 10 %, que feriez-vous en priorité avec cet argent ? »

Cette question a été posée, inchangée, dans les deux enquêtes Budget de famille 2005 et 2011. Les ménages devaient indiquer auquel des 11 postes suivants ils consacreraient cet hypothétique surcroît de revenu : alimentation, habillement, logement, équipement du logement, santé, transports, loisirs, éducation ou culture, aide à des proches, remboursement de dettes, épargne.

16 % des ménages les plus modestes consacreraient un surcroît de revenu à l’alimentation

L’effet des évolutions de prix sur la structure de consommation

 

Une variation du poids budgétaire d’un bien peut être due à une variation de la quantité consommée ou une évolution de son prix plus rapide que celles des autres produits. Distinguer l’effet de la quantité et l’effet du prix permet de préciser la signification des évolutions de structure de consommation

Commentaires

Depuis la crise et l'entrée en récession de notre Pays,grand paradoxe,les riches sont "riches" de plus 20%!!!
Il et bien certain que les riches nantis se nourrissent mieux que les pauvres smicards toujours plus nombreux.

Écrit par : SILVY Michel | lundi, 29 juillet 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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