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vendredi, 02 novembre 2007
financement social : avis de la Mecss 31/10/2007
Les réflexions de la Mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) pour un financement durable de la protection sociale
S'interrogeant sur le meilleur mode de financement de la protection sociale, la Mecss a rappelé la grande convergence des nombreux rapports et études récemment publiés, qui ont tous souligné les risques attachés à la TVA sociale.
Le risque inflationniste est le plus évident. Il est certain pour les produits importés. Il est probable pour les produits nationaux si les entreprises souhaitent profiter de l'opportunité de la baisse de leurs charges pour reconstituer leurs marges, sans la répercuter entièrement dans leurs prix. L'exemple allemand, souvent invoqué en soutien à la mesure, devrait inciter à la plus grande prudence : alors que la situation financière des entreprises outre-Rhin apparaît meilleure qu'en France, l'impact inflationniste de la mesure n'est pas négligeable, de l'ordre d'un point en 2007.
Par ailleurs, l'instauration de la TVA sociale se heurterait à un obstacle pratique majeur, trop souvent passé sous silence. L'effet des baisses de cotisations de sécurité sociale sur l'emploi est maximal si elles sont concentrées sur les plus bas salaires. Or, les allégements à ce niveau de rémunération sont déjà très élevés. Le relèvement du taux de TVA ne pourrait pas avoir de contrepartie sous forme de réduction des cotisations patronales pour les entreprises qui emploient leurs salariés au Smic ou juste au-dessus. Pour elles, l'effet attendu en matière de création d'emplois devrait être nul et la perte de compétitivité immédiate, sauf à instituer des cotisations « négatives », difficilement imaginables en période de déficit élevé de la sécurité sociale.
De nouvelles voies doivent donc être explorées. En particulier, celle des « niches sociales » : le rendement de leur taxation dépasserait, selon la Cour des comptes, 30 milliards d'euros, soit pratiquement l'équivalent du déficit accumulé à l'Acoss cette année. La Mecss approuve le souhait de l'Assemblée nationale de soumettre aux cotisations sociales les stock options ainsi que les actions gratuites et rappelle que la commission des affaires sociales du Sénat avait déjà fait, l'an dernier, une proposition similaire. Elle demande que soit par ailleurs envisagée la mise en place d'une flat tax, c'est‑à‑dire d'un prélèvement à taux faible, mais portant sur la fraction la plus large possible de l'assiette actuellement exonérée.
D'autres ressources peuvent être mobilisées : - les taxes nutritionnelles, ciblées sur les produits alimentaires les plus nocifs, notamment les sodas et les sucreries, et dont la mise en place satisferait en outre un objectif de santé publique ; - la nouvelle fiscalité écologique (« taxe carbone », « taxe climat-énergie »), qui constitue une alternative sérieuse à la TVA sociale, comme l'a souligné le rapport Lagarde, et dont la partie prépondérante devrait être logiquement affectée à l'assurance maladie.
Par ailleurs, la Mecss estime que s'il faut opter pour un prélèvement déjà existant, la CSG doit en tout état de cause être préférée à la TVA : parce qu'elle est clairement identifiée au financement de la protection sociale et acceptée par les Français, et parce qu'elle n'aurait pas le même impact potentiellement dépressif sur l'activité. La Mecss rappelle enfin que le débat sur les ressources de la protection sociale n'a de sens que s'il s'insère dans une réflexion plus globale sur le contrôle des dépenses et sur la compétitivité de notre économie.
00:20 Publié dans assurance maladie , finances , thèmes de réflexion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : déficit sécurité sociale, TVA sociale, propositions
Commentaires
LE "TROU DE LA SECU"
Diverses pistes dans le financement comme dans les dépenses sont explorables
• Remise en cause (éventuelle après études, débats etc.) de la couverture familiale intégrale. Exemple : Un salarié célibataire est assuré social sur la base suivante ; un prélèvement social pour un assuré. Un couple sans enfant avec les deux qui travaillent ; deux prélèvements pour deux assurés. Une famille de quatre enfants avec uniquement le mari en activité ; un prélèvement pour six assurés... Normal ? Sans aller jusqu’à prélever un pour un, un élargissement ne pourrait-il être envisagé ?
• Revoir le prélèvement employeur sur les seuls salaires : Actuellement, des licenciements compensés par l’achat de machines robotisées, c’est moins de ressources pour la sécu mais autant de profits (voir plus) pour l’employeur. Pourquoi ne pas faire glisser (en partie ? En intégralité ?) les prélèvements du travail vers le chiffre d’affaire ou les bénéfices ?
• Transfert de charges : Que les risques particuliers (comme l’exercice d’un sport) soient EFFECTIVEMENT couvert et l’éventuel accident pris en charge par l’assurance souscrite lors de l’inscription.
• Taxes sur la consommation (« TVA sociale) : que devient le projet, sera-t-il repris ?
• CMU + droit du sol = déficit… Les idées présentes derrière la CMU et le droit du sol sont belles et généreuses, c’est certain. Mais en termes comptables… (En Guyane, c’est "tout le continent" environnant qui vient profiter de l’hôpital français…-et à la place de ces gens déshérités, ne ferions-nous pas la même chose ?- ). Faudrait-il présenter la facture aux ambassades respectives ? Envisager d’autres solutions comme revoir la Constitution ?
• Nous avons tous chez nous des bt. de médicaments qui finiront à la poubelle (date dépassée) et qui sont "les restes" d’une prescription : la sécu enrichie les laboratoires. Faudrait-il modifier le système de conditionnement ? Les pharmaciens ne pourraient-ils pas recevoir de grandes quantité pour remettre aux malades juste ce qu’il faut selon la posologie et la durée du traitement ?
COLPIN Didier
Ecrit par : COLPIN Didier | lundi, 26 mai 2008